Histoire de la Beauté par Umberto Eco

Cette présentation est assemblée à partir du livre « Histoire de la beauté » d’Umberto Eco (2004).
J’ai extrait de ce livre les discussions sur la Beauté telle que définie par la société hellénique. En suivant l’influence de cette période, on en arrive à comprendre quelles inspirations guident nos propres valeurs esthétiques.

Introduction

L’objectif est d’engager une discussion dans le but de comprendre la Beauté
La Beauté n’est pas une qualité inhérente aux choses elles-mêmes : elle existe seulement dans l’esprit qui la contemple, et chaque esprit perçoit une Beauté différente
On doit accepter de sortir de sa zone de confort
Nos yeux modernes peinent à comprendre la Beauté d’une autre époque.

p. 37

« Ce qui est beau est cher, ce qui n’est pas beau n’est pas cher »
L’expression commune des Grecs anciens sur la beauté.
Dans la Grèce antique, la Beauté n’avait pas de statut autonome : jusqu’au siècle de Péricles, les Grecs manquaient d’une esthétique et d’une théorie de la Beauté.
C’est sans surprise que la Beauté est associée à d’autres qualités :
• Le plus juste est le plus beau
• La mesure
• La convenance

p. 39

L’irrésistible Beauté d’Hélène de Troie
Homère, L’Iliade et l’Odyssée
Menelas, après la prise de Troie, se jette sur l’épouse traitresse pour la tuer, mais son bras armé sera paralysé à la vue du beau sein nu d’Hélène
Émergence du concept de la Beauté des corps dans les écrits d’Homère


Art et vérité
Platon, la république
L’art de l’imitation est bien éloigné du vrai. Pour chaque chose, il n’atteint qu’une petite partie et cette partie est elle-même qu’un simulacre.
C’est ainsi que le peintre peut nous peindre un cordonnier, un menuiser et tout autre artisanat, sans rien maîtriser de leur art. Et s’il est bon peintre, il trompera les enfants et les gens qui n’ont pas toute leurs facultés en leur montrant de loin le dessein qu’il a réalisé, parce que ce dessein leur semblera le menuiser réel.
Tout art d’imitation réalise une œuvre qui est loin de la vérité. Il entretient une relation avec ce qui est réellement à distance de la pensée réfléchie, ne visant rien de sain ni de vrai.
Ainsi le médiocre s’accouplant au médiocre, l’art imitatif n’engendre que du médiocre.


p. 41 / Kalon

Les Grecs utilisent le terme Kalon pour décrire le beau : Kalon est tout ce qui plait, suscite de l’admiration, attire le regard. L’objet beau est celui qui, en vertu de sa forme, satisfait les sens.
Pour le corps humain, les qualités de l’âme et du caractère jouent un rôle important dans la perception de l’œuvre.
L’ébauche d’une notion de la Beauté émerge :
• Le chant, l’harmonie avec le cosmos
• La poésie : l’enchantement qui réjouit
• La sculpture : mesure appropriée et symétrie des parties

P 42

Avec l’ascension d’Athènes comme grande puissance militaire, économique et cultuelle, s’élabore une perception plus claire du beau esthétique.
Avec cet essor :
• nécessité de reconstruire les temples détruits,
• volonté d’afficher l’orgueil souverain athénien
• développement technique des arts figuratifs

P 43

L’objectif est l’expression vivante du corps.
On cherche à réaliser un équilibre entre la représentation réaliste de la Beauté, surtout celle des formes humaines (la Beauté des formes organiques est préférée à celle des formes inorganiques).
On adhère aussi à un canon spécifique, analogue à la règle dans les compositions musicales.
La sculpture grecque n’idéalise pas un corps abstrait, elle cherche une Beauté idéale en opérant une synthèse des corps vivants, en harmonie avec le corps et l’âme.

La Beauté des formes et la bonté de l’âme

Cette Beauté atteint sa meilleure expression dans des formes statiques, ou un mouvement trouve équilibre et repos. La simplicité expressive est plus recherchée que la richesse des détails.

p. 44 : le Discobole

L’art de la Grèce antique place en premier lieu la vision subjective. Ils inventent le point de vue, qui ne respecte pas l’exactitude objective des belles formes.

Par exemple, la parfaite circularité d’un bouclier peut être adaptée à la vue du spectateur, qui en perspective, le voit de forme ovale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

p. 46 : Le Laocoon

Troyen, fils du roi Prima, vest 430 avant JC


Tel que dans les profondeurs de la mer restent calmes en tout temps, si déchainés que soit la surface, de même quand elles sont en proie aux passions les plus violentes, une grande âme est toujours égale à elle-même. Cette âme se lit sur le visage et le corps de Laocoon, au milieu des plus violentes souffrances. N’exprime aucune fureur dans le visage ni dans l’attitude générale.

 

p. 47

Venus de Cnide

Vers 400 – 326 avant JC

L’Aphrodite de Cnide est un type statuaire attribué au sculpteur grec Praxitèle (vers 400-avant 326 avant l’ère commune) représentant la déesse Aphrodite debout, nue, portant la main droite devant son sexe et tenant de la main gauche un vêtement.
Praxitèle réalise en fait deux statues d’Aphrodite, l’une vêtue et l’autre déshabillée. Les citoyens de Cos achètent la première, jugée «pudique et sévère». Ceux de Cnide acquièrent la seconde, placée dans un temple et permettant de l’observer de face comme de dos, devient beaucoup plus célèbre que l’autre dès l’Antiquité.
La Vénus de Cnide est connue par de très nombreuses répliques. On les regroupe généralement en deux grandes familles : le type «inquiet», où la déesse, surprise, cherche à se dissimuler et le «type serein», où la déesse semble plutôt désigner son sexe que le cacher.

 

 

 

 

 

 

 

 

p. 47

Hermes et le jeune Dionysos

IV siècle avant JC

Hermès, jeune et entièrement nu, est présentant portant sur le bras gauche Dionysos enfant. Les chairs, les muscles, les traits du messager de l’Olympe, les bras et les jambes, le pied gauche qui seul subside, ainsi que les moindres détails sont traités avec un soin extrême et une rare perfection. La tête, surtout, est admirable d’expression et de fini. Les cheveux sont disposés de façon gracieuse.
L’enfant est nu jusqu’à la ceinture, une draperie lui couvre presque entièrement les jambes. Il porte dans la main gauche un fruit qui sert de hochet, et tend la main droite pour saisir un objet que devait tenir Hermes.
Une brillance patine verdâtre donne à tout l’ensemble un aspect d’une rare beauté. Hermès est toujours représenté sous la forme d’un éphèbe, souple et svelte, imberbe, présentant le type accompli des jeunes gens qui fréquentent le gymnases. Son visage est empreint d’une grande finesse, conformément à son rôle dans la fable, ou il personnifie la ruse et l’habileté.

 

 

 

 

 

 

p. 52 : Apollon du Belvédère


Défini comme « vulgaire » ou « ulta-raffiné », la beauté d’Apollon est insurpassée.
Le corps est tourné vers la droite, alors que les épaules et la tête sont tournés vers la gauche donne une impression d’instabilité.

p. 53

La vison de la Beauté de la Grèce antique s’exprime ainsi :
• Le plus juste est le plus beau
• Observe la limite
• Rien de trop
• Ordre et harmonie

p. 55

Temple grec de Delphes, sanctuaire d’Athéna:
• Sur le fronton oriental : Dionysos, dieu du chaos et de la transgression effrénée de toute règle
• Sur le fronton opposé : Apollon
Signifie une irruption du chaos dans la belle harmonie
Antithèses restées irrésolues dans la conception grecque de la Beauté, plus complexe et problématique que la simplification classique :
• Beauté et perception sensible
• Beauté et apparence
• Son et vision (les 2 formes privilégiées de la perception grecque) : l’âme (les passions) et le Beau (harmonie)

p. 56 : Faune Barberini

Vers 350 – 320 avant JC

La statue représente un satyre, mais il faut faire preuve d’attention pour ne pas y voir un simple jeune homme : ses oreilles pointues, sa queue à peine visible au bas du dos, sa couronne de lierre et sa nébride (peau de panthère) ne sont pas apparents au premier abord. Il est vautré sur des rochers, ce qui laisse supposer qu’il s’est endormi au milieu des bois, probablement sous l’effet du vin. Les jambes écartées, la tête renversée en arrière et le bras droit replié derrière la tête pour servir d’oreiller, il se présente dans une position peu habituelle, et complexe à exécuter pour le sculpteur. La pose rappelle cependant celle des satyres ivres en ronde-bosse ornant le cratère de Derveni. Son corps est celui d’un athlète, à la musculature puissante. Le visage est très expressif : la bouche est entrouverte, les cheveux en bataille, les traits marqués. Il semble représenter un sommeil difficile, sans doute du fait de l’alcool.

 

p. 72 L’harmonie: équilibre des contrastes

Harmonie : l’opposition
• Pair / Impair
• Limité / Illimité
• Unité / multiplicité
• Gauche / Droite
• Masculin / Féminin
• Droite / Courbe
• Amour / Haine
• Paix / Guerre
• Calme / Mouvement
Selon Pythagore : dans l’opposition de 2 contraires, un seul représente la perfection
Selon Héraclide : l’harmonie concise à laisser vivre 2 contraires en une tension continuelle
L’harmonie : équilibre de contrastes

 

 

 

p. 74

Le Doryphore de Polyclete

Sculpture définie comme le Canon : en elle s’incarnent toutes les règles pour une juste proportion entre les parties.
Selon Polyclete, l’équilibre non pas basée sur deux éléments égaux, mais doivent s’adapter selon des rapports proportionnels, en terme géométrique : A est à B comme B est à C. Pas d’unités fixes
En contraste, le Canon égyptien basé sur des réticules à mailles quadrillées égales, qui prescrivait des mesures quantitatives fixes,

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Perspective historique

 

Vénus à travers les ages

Histoire de la Beauté, Umberto Eco: sélection d’oeuvres inspirées de l’image de la déesse Venus.

 

 

 

 

Adonis à travers les ages

 

Histoire de la Beauté, Umberto Eco: sélection d’oeuvres inspirées de l’image du dieu Adonis

 

 

 

 

 

Référence:

Anthologie: Histoire de la Beauté, par Umberto Eco (Flammarion)

 

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