Robert Doisneau, photographe de rue

Le vrai en photographie

  • Susan Sontag: « la caméra révèle une réalité et en cache beaucoup plus qu’elle en communique »
  • Richard Avedon: « toutes les photos sont exactes, aucune n’est la vérité »

Robert Doisneau 1912 – 1994

Rejeton d’une famille de la petite bourgeoisie parisienne
Son premier emploi chez Renault comme photographe industriel
Déteste son emploi, licencié pour retards répétés
Travaille comme reporter pour plusieurs magazines et comme photographe de mode
Fait de la rue son objet d’investigation photographique
Fasciné par le Paris des petites gens, des clochards, des pauvres, des filles légères, des enfants
Photographe humaniste, qui aime raconter des histoires
Comparativement à Cartier-Bresson qui apporte un soin méticuleux à la composition, il recherche l’anecdote
Images malicieuses, humour cache l’ironie
Reste distant par rapport à ses personnages
Associe cette réserve à sa timidité naturelle
Style englobe l’environnement, le milieu social, architectural et urbain
Opposé au chasseur d’image, se défini comme « pêcheur d’image »
Discrétion, en attente de ses images
Maitre de la caméra candide
Illustre le vieux Paris mourant dans son rôle de capitale intellectuelle et artistique au profit de New York
Tournant douloureux d’une époque révolue, images de jours meilleurs
Archive de 400,000 images : cosmos visuel sans fin de Paris des années 1940 – 1960

Le baiser de l’hotel de ville (mars 1950)

Pour une fois, Il a osé s’approcher des personnages, généralement il garde ses distances pour passer innaperçu
Paru la première fois dans le magazine légendaire Life
Format carré, jeune couple au centre du cliché
Aspect soigné des vêtements, écharpe claire en négligé : bohème de la Rive Gauche
Image face à l’Hotel de ville à la façade néo-baroque, sur la rive droite
Mouvement spontané du garçon qui attire et embrasse la fille
Insouciance, synonyme du bonheur, flânerie du dimanche, journée grise, incertaine
Aucun des passant de porte attention à cette démonstration d’amour
Seul une personne à l’arrière-plan est témoin de la prise d’image
Image à carrière triomphale, Illustre la joie de vivre de Paris
Plus de 3 millions de cartes postales, posters, calendriers, carte de vœux
Illustration de son livre « Trois secondes d’éternité », sa publication majeure
Illustre l’esprit de Paris, l’illusion de la ville des amoureux (période prude)
Faux cliché, suggérant mœurs légères et la vie voluptueuse, image récupérée par Hollywood
Image ambassadrice de Paris pour la cohabitation pacifique mais tumultueuse
Vision de Paris à la  » Woddy Allen  » immortalisée jusqu’à aujourd’hui

En 1988, coup de théâtre

Un couple prétend être les figurants du baiser et revendique en cours une compensation de 400,000 francs pour le manque à gagner des droits d’auteur lors d’un procès retentissant, Doisneau doit reconnaitre qu’il a mis en scène l’image pour une commande du magazine Life sur le thème des amoureux qui s’embrassent à Paris
Pour éviter des problèmes juridiques, on avait fait appel à des comédiens
Suite au rejet de la cause, le véritable couple demande compensation à leur tour pour le manque à gagner, à l’échelle de 100,000 francs
Doisneau s’en sort légalement, mais son art photographique en a beaucoup souffert
Combien d’autres mise en scène semblable dans son œuvre ?
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