Gabriel Desmarais, photographe

Oublié du public, Gaby demeure un incontournable

A l’Hôtel des encans de Montréal, ce 24 mai 2006, tous les indicateurs étaient au vert. Après une vie trépidante à côtoyer les grands de ce monde, une création photographique en demande et un talent inné pour la réussite sociale, la reconnaissance matérielle des descendants était enfin à portée de main. Pour l’encan, Ronald Desmarais avait retenu les services de l’expert européen Antoine Romard, reconnue mondialement pour son expertise pour la mise en marché de la photographie à valeur rajoutée. Il avait également retenu les services d’encanteur de la Maison Drouot de Paris pour assurer la crédibilité de l’évènement d’intérêt mondial.

La déception fut grande et totalement inattendue : qui aurait cru le manque d’intérêt pour l’œuvre du fameux Gaby, alias Gabriel Desmarais, jadis un grand portraitiste reconnu de tous. A peine une trentaine de personnes s’étaient déplacés : un célèbre portrait de Louis Armstrong daté de 1967 s’est vendu pour 100 $ et un exceptionnel grand tirage argentique de Guido Molinari daté de 1964 pour 500 $ seulement.  Après avoir photographié les chefs politiques des puissances mondiales, les princes de l’église, les plus grands artistes mondialement reconnus, Gaby avait sombré dans l’oubli. Après avoir dissipé sa fortune, Gaby s’était résigné en 1987 à revenir à Montréal, sans jamais réussir à rallumer la flame de la célébrité qui avait jadis marqué sa vie. Cet œuvre demeure mémorable, aujourd’hui acquise par la Bibliothèque et Archives Nationales en 2008 a été présenté en 2014 à la Grande Bibliothèque et à la Place des Festival


Biographie de Gabriel Desmarais

La source principale d’information pour cette présentation la biographie de Linda Lapointe « Gaby Photographe » publié en 2003 par Stromboli et des articles de presse tirées du Le Devoir

Naissance à Marieville en 1926

Débute en 1942 un travail comme employé de banque, d’abord à Marieville, mais il est rapidement muté à Montréal.

En plus de son travail à la banque, à l’age 19 ans, il entreprend un cours par correspondance de l’American School of Photography of Chicago

Il obtient sa première assignation en 1944 comme photographe officiel de la Palestre nationale, une organisation bien établie pour la promotion du sport amateur et le soutien des athlètes de pointe.

En 1945, à l’age de 21 ans, ouvre son premier studio, 1662 ste-Catherine est

Il entreprend la tournée systématique des cabarets pour photographier les artistes et établir une relation. C’est un portraitiste né. Il vient à connaitre les imprésarios avec la fréquentation assidue des cabarets de Montréal, ce qui lui ouvre les portes. Il est fasciné par les artistes et les célébrités.

Son approche commerciale est la suivante: il offre une séance photo en studio sans frais et sans obligation d’acheter un tirage. Avec ce matériel, il peut fournir le matériel de promotion pour journaux et les affiches des artistes. Ainsi, il bâti sa notoriété et commence à élaborer une relation commerciale avec le marché. Ses débuts sont difficiles, les journées de 18 heures sont la norme pour lui.

En 1948, Desmarais fait un bond prodigieux, grâce à une session photo avec Lys Gauty, chanteuse européenne célèbre. C’est sa première star internationale, qui de plus devient une fervente admiratrice de son travail. Grace à cette relation, toutes les vedettes européennes de passage s’arrêtent à son studio, passage obligé pour le public local.

Il adopte sa signature « Gaby », tels Bernard de Hollywood, Karsh d’Ottawa, Kriegsmann de New York, Seymour de Chicago. On fait référence au Studio Harcourt  pour décrire les pratiques d’éclairage de Gaby, éclairage continue directionnel, usage de l’effet d’ombre et lumière fresnel et lumière en focus.

Autoportrait de Gabriel Desmarais

 

Il s’installe au 1175 rue Drummond en 1950.

Il a l’occasion en 1953 de faire une photo de Paul-Émile Léger, ce qui lui permet d’établir un pont pour tout le clergé qui lui ouvre un volet commercial important.

Une autre rencontre marquante, il fait en 1954 le portrait de Jean Drapeau. Ce dernier est ravi du portrait; il s’intéresse à la carrière du photographe. Gaby devient photographe officiel de la ville, ce qui lui permet de rencontrer des sujets de grande notoriété. La qualité de son travail fait bondir le prestige de Gaby.

L’année suivante, il produit une exposition dans le hall de  l’Hôtel de ville de Montréal.

C’est ainsi qu’il a pu immortaliser tous les politiciens canadiens pour les 30 années à venir.

Maurice Duplessis

 

Son style plait aux artistes célèbres: ‘Un artiste de passage à Montréal doit obligatoirement faire 2 choses pour être accepté par le public : montrer sa préférence pour la cuisine française et se faire ‘tirer’ le portrait par Gaby’, selon le Weekend Magazine, 1956.

 

Une terminologie à la hauteur de l’image

Désormais Gaby ne fait plus de portraits mais des ‘Études’ : il développe un langage proche du peintre pour valoriser son travail : zones claires en contre-partie aux ombres, traits du visage, lumière, l’observation du sujet, offre une interprétation de la personnalité du sujet, basée sur l’observation et son intuition artistique, à la recherche du précieux ‘instant de vérité’.

 

L’ouverture au monde

A 29 ans, en 1949, il fait son premier voyage en Europe, Londres et Paris, dans le but de photographier les grands noms du théâtre et du cinéma français

Ses premières démarches pour se présenter à Hollywood commencent en 1956 : il est présenté par les grands journaux comme un des meilleurs portraitistes au monde. Les portes s’ouvrent grâce au producteur célèbre Cecil B DeMille (le père du cinéma moderne). C’est une démarche risquée financièrement : il doit régler tous les frais de déplacement et de séjour, délaisse ses revenus réguliers, absent pendant de longues semaines.

Il ouvre un studio à New York, dans l’hotel Waldorf-Astoria en 1957.

Il présente une exposition au 9e étage chez Eaton, en 1958, dans le grand foyer du mythique restaurant « Ile-de-France » de style Art Deco. C’est un espace classifiée Monument historique depuis l’an 2000 et présentement fermé.

Il reçoit en 1959 un accueil chaleureux en URSS, où il obtient carte blanche et l’accès au public et aux espaces urbains. Il obtient une exposition au Palais des arts de Moscou, qui attire des foules considérables : le premier photographe de l’Ouest à circuler librement en URSS, durant les années de la guerre froide.

Il présente en 1960 une exposition du matériel soviétique au Royal Ontario Museum de Toronto.

Les années 60 seront pour Gaby sa décennie de la gloire: il est au sommet de son art et de sa renommée internationale.

 

Les années 60 : au sommet de sa renommée

En 1965, il lance son grand projet de photographier 60 artistes en arts visuels du Québec et du Canada. Il organise une exposition au Musée des beaux-arts de Montréal ‘Deux aspects d’artistes canadiens : leurs œuvres, les photographies de Gaby’

La même année, il part au Gabon pour photographier le docteur Albert Schweitzer, l’un des plus grands humanistes du XXe siècle et le récipiendaire du Prix Nobel de la paix en 1952. Il établie une bonne relation avec son sujet et ils passent plusieurs jours ensemble, dans le but de se connaitre. Schweitzer décèdera quelques semaines plus tard et les photos de Gaby seront les derniers documents visuels du grand homme. Il documente ainsi son sujet dans le contexte de son hôpital gabonais à Lambaréné.

A partir de 1966, il se concentre sur les voyages qui lui donne une satisfaction personnelle : Norvège, Suède, Danemark

Durant l’Exposition universelle de Montréal en 1967, il court sans relâche les coulisses du festival pour photographier le maximum d’artistes renommés. C’est ainsi qu’il a pu photographier Charles de Gaulle lors de sa visite à Montréal, ainsi que de nombreux leaders internationaux.

Au début des années 1970, Gaby ralentie le rythme de production de portraits en studio, suite à la prolifération d’appareils sophistiqués et la baisse de la demande pour ses services : le portrait perd progressivement de son importance et sa popularité. Les portraits ‘classiques’ ne sont plus en demande.

Il se concentre sur des projets qui l’intéresse : ‘les légendes vivantes d’Hollywood’, ‘les grands penseurs du XXe siècle

Gaby passe graduellement à la photographie commerciale et promotionnelle. Il contribue à des publications américaines en fournissant des photos industrielles, de mode, de documentation de grands hôtels, bijoux, de gastronomie et autres.

 

Gaby en Haïti

Son premier voyage en Haïti s’est fait durant les années 50. Il avait alors rencontré le dictateur Paul Eugène Magloire .

A la mort du dictateur François Duvalier en 1971 et de la prise du pouvoir par son fils Jean-Claude Duvalier, Gaby a crue à un vent de libéralisation. Il décide de retourner à Haïti en 1972 avec son épouse Lorraine.

L’entourage du président comprend rapidement l’importance de la visite. Gaby rencontre Duvalier et établie une relation personnelle forte. Grâce a son vaste réseau international de contacts dans la presse, la communauté artistique, politique et d’affaire, on le voit comme un ambassadeur pour relancer le tourisme.

On lui donne accès au pays et le président s’engage à rencontrer ses invités de marque. Il réussi à attirer des artistes, des cinéastes, des producteurs et des gens d’affaire du Québec, du Canada et des États-Unis.

Vers 1978, alors que Duvalier s’engage ouvertement dans la voie d’une dictature, Gaby prend peu à peu ses distances avec Haïti, malgré son amitié avec Duvalier.

Plus tard, quand il comprend que la politique désastreuse de Duvalier entraîne la pays vers le chaos, il cesse alors toute collaboration.

Mais le mal est fait, sa réputation est irrémédiablement teintée avec cette relation toxique.

 

Les dernières années

Au début des années 1980, Gaby vend sa maison de Californie. Il prend sa retraite définitive et s’installe à Monaco. Il travaille à compiler et analyser sa vaste collection de photos dans le but de publier une encyclopédie illustrée de la civilisation.

Victime du crash de 1987, il perd une large partie de sa fortune, ce qui l’oblige à se remettre au travail. Il ne veut pas retourner à la photographie : il a vendu ses studios et son équipement.

Il retourne à Montréal à l’age de 61 ans et cherche à mettre à profit sa fabuleuse collection de 150,000 photographies.

De 1988 et 1989, il écrit pour le journal ‘The Gazette’ une chronique hebdomadaire intitulée ‘Remembering’.

Il organise des expositions avec les galeries Cultard et L’Imprévue.

Il constate que ses nombreuses années d’absence ont fait que les gens l’on oublié. Il décède en 1991 à l’age de 65 ans. Son décès passe a peu près inaperçu.

 

Publication du livre « Gaby Photographe »

Voici les commentaires d’analyse offerts par Stéphane Baillargeon, publiés dans Le Devoir le 8 novembre 2003, suite à la publication du livre par Stromboli.

Voilà le Britannique Bertrand Russel, fondateur de la logique moderne, Prix Nobel de littérature. Le noble philosophe a pris la pose dans son fauteuil, de trois quarts, le regard baissé. Il faut dire que la conversation entre le sujet et le portraitiste ce jour-là, en pleine guerre froide, portait sur l’avenir de l’humanité. «Nous avons le choix de vivre tous ensemble ou de mourir tous ensemble», venait de déclarer lord Bertrand en pensant à la très réelle menace atomique.

Voici maintenant le Français Albert Schweitzer, photographié quelques semaines avant sa mort. Un diable d’homme, à vrai dire de surhomme. Théologien, il a publié le livre de référence sur le Jésus de l’histoire. Musicien et musicologue, il donnait des concerts partout en Europe en rédigeant des études déterminantes sur Bach. Docteur en médecine, il a travaillé en Afrique, auprès des plus démunis. Humaniste, figure légendaire du XXe siècle, le bon, le très bon Dr Schweitzer, reçut un des prix Nobel de la paix les plus mérités.

Et puis là, tiens, c’est Juliette Pétrie, la partenaire de La Poune. On croise aussi Olivier Guimond, fils de Ti-Zoune, papa de Cré Basile. Plus loin, arrive Michel Louvain, «chanteur de charme et animateur de variétés», éternisé le cheveu gominé, le regard levé et mouillé. Son rival crooner Pierre Lalonde est tout sourire en ce début des années soixante. Chaque samedi, la «jeunesse d’aujourd’hui» entre en pâmoison en regardant son émission de télé faisant la part belle aux danseuses à gogo.

Un Gould réussi : certains clichés sont franchement plus réussis. Celui de Glenn Gould par exemple, où l’interprète apparaît au milieu d’un triangle dessiné par le couvercle et le pupitre de son instrument. Le pianiste a dénoué sa cravate. Ses bras et ses mains se reflètent sur le bois laqué. Il semble en transe, son comportement, comment dire, très peu orthodoxe sur scène, ayant contribué à établir son immense et précoce renommée.

Pour le reste, en général, il s’agit d’excellents portraits de studio, mais sans plus, avec des poses convenues et des clairs-obscurs attendus. Au total, l’intérêt de chacune des oeuvres provient bien davantage du sujet que de l’objectif.

La moisson des années 1960 se démarque. Gaby se lance dans la constitution d’un portfolio réunissant les grands penseurs de son temps, avec au programme un portrait accompagnant un texte sur la vision de chacun de l’avenir de l’humanité. Il rencontre notamment Pauling, Oppenheimer, Penfield et Sabin. En même temps, il réalise une série sur des artistes visuels du pays, dans le but d’exposer ses photos et une oeuvre choisie par chacun des sujets. Il fige alors Alfred Pellan, A. Y. Jackson, John Lyman, Marc-Aurèle Fortin, Jacques Hurtubise, Marcel Barbeau, Françoise Sullivan, une soixantaine d’artistes au total. Le Musée des beaux-arts de Montréal présente l’expo en 1965.

Commercialisation de la collection de Gaby en 2006

En mai 2006, le fils de Gaby, Ronald Desmarais planifie une grande enchère pour vendre des tirages de la collection de son père. Il connait bien son travail car durant de nombreuses années, il l’a accompagné sur le terrain et en studio.  Il met donc beaucoup d’effort pour organiser l’événement. Entre autres, il retient les services de l’expert européen Antoine Romard, reconnue mondialement pour son expertise pour la mise en marché de la photographie à valeur rajoutée. Il utilise les services d’encanteur de la Maison Drouot de Paris pour assurer la crédibilité de l’évènement d’intérêt mondial

Malheureusement, les résultats s’avèrent décevants. Plusieurs des tirages originaux ne trouvent pas preneur. La plupart des oeuvres n’obtiennent même pas la mise minimale de leur évaluation.

Alors que le marché de la photographie est en plein essor et commande partout des prix de plus en plus élevés, on offrait à l’enchère des images exceptionnelles, telles un célèbre portrait de Louis Armstrong daté de 1967 pour 100 $ et un grand tirage argentique de Guido Molinari daté de 1964 pour 500 $ seulement. Un ensemble de neuf photographies signées, comprenant un Jean Cocteau et un Bertrand Russell, a obtenu 2,800 $, le prix de vente le plus élevé de la soirée. Des prix, selon les observations du journaliste Jean-François Nadeau au Le Devoir, de loin inférieurs à ceux obtenus ailleurs dans le monde pour des photographies d’époque d’une facture similaire.

Il est vrai que le portrait classique est désormais moins en vogue en photographie actuelle

 

L’interprétation de Jean-François Nadeau

Le journaliste note l’usage d’un éclairage classique dans les clichés de Gaby. Ses éclairages très doux, toujours soigneusement étudiés, rappellent ceux qui ont fait la célébrité de la griffe des studios Harcourt en France. Et comme il y eut un style Harcourt, il y eut certainement, au Canada, un style Gaby. C’est là l’aspect le plus connu de l’oeuvre du photographe qui, encore aujourd’hui, rend ses photos facilement identifiables.

Certains de ses clichés, souvent inédits, révèlent cependant un aspect esthétique moins connu. Ses photos en Union soviétique, en Haïti, en Afrique ou au Moyen-Orient expriment en effet un sens de l’instantané et du cadrage étonnant. Une des photos les plus surprenantes de cette vente est certainement un portrait de Ravi Shankar prise en mouvement en 1967 lors d’un passage du maître à Montréal. Très loin de la pose, Shankar y apparaît tel un musicien éclaté en une suite de triangles scalènes que rehaussent les tons savants d’un magnifique tirage argentique.

Achat des archives par Bibliothèque et Archives nationales du Québec

Quelques années plus tard, l’ensemble des archives de Gaby sont vendu aux Archives Nationales.

 

Gaby – Maître du portrait, Exposition de 2014

  • Du 15 septembre au 16 novembre sur la promenade des Artistes, le Parterre et le boulevard De Maisonneuve
  • Du 16 septembre au 7 juin 2015 à la Grande Bibliothèque

Ronald Desmarais, le fils du photographe Gabriel «Gaby» Desmarais, peut raconter des tonnes d’histoires rocambolesques sur son père, l’un des plus grands portraitistes de l’histoire du Québec. Plus de 20 ans après la mort du photographe, Bibliothèque et Archives nationales du Québec et le Partenariat du Quartier des spectacles s’associent pour présenter l’exposition Gaby – Maître du portrait, qui présente, à l’extérieur (promenade des Artistes, Parterre et boul. de Maisonneuve) comme à l’intérieur (Grande Bibliothèque), près de 90 photographies de vedettes et d’artistes d’ici et d’ailleurs que Gaby a immortalisés des années 1940 jusqu’aux années 1980. De Dominique Michel à Félix Leclerc, en passant par Louis Armstrong, Jayne Mansfield et Jean Cocteau.

 

 

Références

Le Devoir

 

Galerie de portraits à ciel ouvert

Frédérique Doyon, Le Devoir,  16 septembre 2014

 

 

Deux cent soixante clichés du photographe montréalais Gaby seront mis en vente ce mois-ci

Jean-François Nadeau, Le Devoir,  4 mai 2006

 

Vente aux enchères – Maigres résultats pour les photos de Gaby

Jean-François Nadeau, Le Devoir, 26 mai 2006

 

 

De Cré Basile à Bertrand Russell, en passant par Bébé Doc

Stéphane Baillargeon, Le Devoir,   8 novembre 2003

 

https://www.quartierdesspectacles.com/fr/blogue/580/10-anecdotes-sur-gaby-le-maitre-du-portrait

 

https://www.journaldemontreal.com/2014/09/15/luvre-du-grand-photographe-gaby-revit

 

http://gallimardmontreal.com/catalogue/livre/gaby-photographe-lapointe-linda-gaby-9782921800167

 

https://www.youtube.com/watch?v=sQzJdFIEAb4

 

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