Gerard Malanga, photographe de l’époque du Pop Art

Gerard Malanga est né en 1945 dans le Bronx à New York. Très jeune, il établit une collaboration étroite avec Andy Warhol (1928 – 1987) dans les années 60

Malanga a publié quatre monographies, dont:

  • Resistance to Memory, 1998
  • Screen test, Portraits, Nudes, 1964-1966, 2000
  • In remembrance of things past, 2017

Et une douzaine d’œuvres littéraires et poétiques

On a fait une grande rétrospective de son œuvre à Bruxelle en 1999. Il travaille à New York comme photographe et spécialiste de Warhol.

L’inclination pour les objets banals

L’inspiration de Warhol et Malanga est en réaction à l’expressionisme abstrait de l’époque (Pollock, de Kooning), tel que représenté au Québec par  Jean Paul Riopelle, Marcelle Ferron

Son inspiré est tirée des mythes ordinaires de l’Amérique, une vision révolutionnaire. L’art Pop représente l’appropriation par l’art d’objets populaires du quotidien. Derrière cette révolution des valeurs artistiqu se retrouve Andy Warhol. Ce dernier opère une ‘usine’: The Warhol Factory, basée sur le concept d’une chaine de montage. On connait parmi les grands classique de cette époque les sérigraphies de Monroe, de Presley, d’une reproduction de billets d’un dollar, des soupes Campbell ou de Coca-Cola. Ces œuvres sont d’avantage une reproduction photomécanique que l’expression du talent de peintre du créateur.

Pour Warhol, l’importance de la photographie comme forme d’art ne sert qu’a alimenter son processus de création et de reproduction. La photographie lui permet de se procure une image de manière mécanique, à partir d’objets usuels ou de reproduction de photographies tirées de magazines ou de journaux.

Le procédé

  • A partir d’une photo tirée d’une découpure de magazine ou de journal
  • Reprise d’une photographie
  • Reproduction sur soie enduite d’une émulsion photosensible
  • Le révélateur donne une matrice pour reproduction sérigraphique

Album des Rolling Stones

Sticky Fingers, utilisant le jean  Levi 505 a été produite en 1971. Malanga et Warhol ont utilisé une dizaine de modèles pour produire les épreuves de sorte qu’à ce jour, on a jamais su qui a été le modèle choisi pour l’album.

Gerard Malanga est connu comme le co-créateur d’Andy Warhol’s factory.  Sa carrière photographique a débuté entre 1964 et 1966, alors que lui et Warhol ont fait des épreuves de plus de 300 modèles. Ces photos nous ramènent au début de l’émergence de la culture Pop et de la Beat Generation. Pas la suite, dans les années 80 et 90, sur une base indépendante, Malanga continue sa démarche créatrice et documente la relation magique inspirée du charme féninin, avec sa representation de nus.

Relation Warhol / Malanga

Initialement, la photographie en tant que forme d’expression artistique n’entre pas en ligne de compte dans la vision artistique de Malanga et Warhol. Ce n’est que plus tard, en 1969 que Malanga commence à s’intéresser de près à la photographie come forme d’art, avec un portrait de l’écrivain Charles Olson

Charles Olson

Plus tard, il se fit connaitre pour ses portraits d’Iggy Pop, de Robert Mapplethorpe, Tennessee Williams, Alice Cooper, Mick Jagger, Lou Reed and William S. Burroughs.

La photographie

Comme forme d’expression artistique, selon la vision de Malanga

Style photographique

Malanga a souvent mentionné lors d’interview que … « Mes amis ont remarqué un style photographique dans mon travail, mais je pense que cela a plus à voir avec l’aura – l’aura qu’une image donne – plus que de toute autre chose. Je ne sais même pas comment commencer à aborder la question du style quand je prends une photo. Je travaille intuitivement la plupart du temps. C’est un peu à l’aveuglette que je crée mes photos. »

 Malanga prétend qu’Andy Warhol n’a jamais eu d’influence sur son travail, du moins pas consciemment.

Malanga mentionne August Sander (Photographe portraitiste et documentaire allemand, 1876 – 1964. Son livre ‘Face of our Time’ publié en 1929 a été l’un des oeuvres photographique les plus importante de l’Allemagne au XXe siècle) et Walker Evans  (Photographe et Photojournaliste américain, 1903 – 1975, connu pour ses travaux avec le ‘Farm Security Administration’ documentant ains les effets de la grande récession. La majorité de son travail pour la FSA est c’est fait avec une chambre 8 x 10) comme ses inspirations

Relation avec le modèle

Wolf Suschitzky, 2008. “Parfois, une grande amitié s’ensuit à la suite d’une séance photo. L’année dernière, alors que je faisais des recherches sur une exposition de portraits,  je revoyais des pages de photos pour la plupart des années 1950, et se sentait une parenté spirituelle avec un  modèle. C’était  Wolf Suschitzky. Alors je l’ai recherché sur l’internet  et de découvert  qu’il vitait à Londres, et je l’ai appelé  et me suis présenté. Nous avons eu un rapport instantané, et comme j’avais l’intention d’assister à une exposition de mon travail à Paris, je me suis arrangé avec mon marchand d’art pour qu’il me donne  une escale à Londres sur le chemin. Je lui ai envoyé une copie d’un de mes livres à l’avance et je lui rendais visite le lendemain. Nous avons eu le plus grand de se revoir. La surprise était qu’à cette époque, il était connu comme l’un des cinéastes les plus renommés d’Angleterre. Quel honneur de rencontrer cet homme et de le photographier, et maintenant nous nous écrivons régulièrement ou parlons au téléphone. Il ya quelque chose sur ses photos et sur lui qui m’a touché d’une manière qui rend ce genre d’expérience de travail d’autant plus agréable.”

Poésie et photographie

Malanga expliqe que la poésie et la photographie sont différentes par nature et par approche. La poésie est un médium introspectif qui demande beaucoup de solitude, même si je suis dans le métro en prenant des notes

La photographie est définitivement extravertie. Les types de photos que je prends exigent un peu de ténacité et de toujours prendre contact avec les gens.

L’ennemi du photographe est la complaisance ; la ténacité sa force.

Photographie et musique

Quand Malanga photographie un musicien, ce n’est pas la musique en soi qui m’inspire, mais l’imagerie derrière elle qui l’inspire dans ma photographie. Il croit  qu’il était important de documenter le milieu qu’il a fréquenté durant ses années avec le Warhol Factory, car se passait était important, en terme de vision artistique.

Photographier des musiciens, c’était comme photographier tout autre modèle, surtout si la personne aime être photographiée.

Relation avec le modèle

Dans son approche, il essaie de photographier quelqu’un qui est évidemment conscient d’être photographié tout en atteignant un moment où il est d’autant plus naturel sans en avoir vraiment conscience.

C’est à ce moment pendant lequel il obtient ses meilleures photographies.

Il explique qu’il essaie  d’être gentil sans être trop gentil. « Que peut-on gagner si le sujet que vous photographiez sort de la rencontre avec un mauvais sentiment suite à une session ? »

Sa première règle de base: Dans toute rencontre photo, il doit transmettre un sentiment de confiance, sinon son but peut ne pas être atteint. « C’est ce qui rend la photographie si intéressante. »

« Tout le talent dans le monde ne va pas produire ce que je pense est un succès artistique. « 

« J’ai appris par expérience que ce qui doit cliquer, c’est le rapport entre le sujet et le photographe, que ce soit pour quelques minutes ou un après-midi entier. « 

« Je pourrais photographier un sujet étonnant et facilement repartir avec un échec; alors qu’avec quelqu’un qui n’est pas sous les feux de la rampe, le résultat pourrait être totalement dramatique. »

« On ne sait pas ce qui en résultera. Si la personne montre le moindre soupçon d’impatience, alors je l’ai perdu! »

« Ben Maddow, un ami très cher et clairement l’un des grands historiens de la photo, a dit un jour de mon travail, que j’ai la capacité étrange de faire paraître les gens célèbres anonymes et anonymes célèbres … »

« J’ai toujours cru que le modèle me donnait son portrait. »

« Dans un sens, chacun de nous porte une photo en attente d’émerger. Il faut le bon ensemble de circonstances pour y parvenir. C’est la magie de la photographie pour moi. »

« Capter le bon portrait est totalement imprévisible. »

« Je n’essaie pas de comprendre comment ma personnalité aide à mettre les gens à l’aise pour qu’ils laissent tomber leurs défenses face à mon objectif. »

« Ce n’est pas une tactique pour moi. C’était la technique de Diane Arbus et celle de Dick Avedon dans une certaine mesure, mais pas la mienne. »

« Il a toujours une image entre les photos, où quelque chose d’autre prend le relais et j’espère que je peux le retrouver sur la feuille contact. »

Les portraits de célébrités

Publication du Smithsonian, Avril 2009

Le Groupe Velvet Underground

Cette photo du  groupe pop Velvet Underground  a été prise en mai 1966, à Los Angeles, Cette photo est entrée dans l’histoire de la photographie comme preuve de la brève, mais intense incursion d’Andy Warhol dans la musique rock

Produite avec une 35 mm Pentax empruntée, dénotant ainsi son aspect spontané et non planifié.

A cette époque, Malanga est un artiste de performance et collaborateur de la Factory d’Andy Warhol et ne se sent pas encore une vocation de photographe

Warhol joue au petit garçon: Selon Malanga, c’est un rôle dans lequel il se complaisait.

Sa pose peut sembler empruntée et inhibée: mais chez Warhol, tout est étudié, y compris sa manière de se comporter avec ses mains. Selon Malanga: sa pose des mains est inspirée de Cocteau

Jean Cocteau, mains

Photogra;phe: Berenice Abbott André Pabillon, Orphée, 1939
Berenice Abbott ( 1898 -1991), Photos des mains de Jean Cocteau, 1927
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